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3 - Déforestation
Forêt de la Maâmora: Rien n’est fait
chêne liège

J. E. H. Source : L'Economiste (15/12/2004)

    La plus grande subraie du monde menacée · Sa dégradation entraînerait dans vingt ans l’ensablement des villes avoisinantes “L’état de dégradation de la forêt de la Maâmora est pour nous une inquiétude permanente, en ce sens que cette subraie, la plus grande du monde, est en déperdition”. Abdelkébir Berkia, président du Conseil régional de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër est dépité, navré. Le sort de la Maâmora lui tient à cœur, comme à tous les Marocains d’ailleurs. “Si dans moins de vingt ans, on ne fait rien, les villes de Salé, Rabat, Kénitra et bien d’autres seront littéralement ensablées”. La sonnette d’alarme a été tirée par un des premiers responsables de la région.

    La forêt de la Maâmora est cette belle étendue de chênes située entre Rabat et Kénitra. Elle s’étend sur 133.000 hectares d’un seul tenant. Cette forêt est aujourd’hui en voie de dégradation. Elle avait déjà fait l’objet, depuis le début du siècle, de nombreux plans d’aménagement, programmes de recherche et de développement, projets de partenariat… Le Conseil régional a entrepris des démarches auprès de nombreuses fondations et de régions partenaires à travers le monde. Pas plus tard que la semaine dernière, le Conseil a reçu la fondation allemande Steinbeis qui dispose de 4.000 experts en environnement à travers le monde (55 pays). “Nous les avons intéressés à venir pour nous apporter leur expertise et leur savoir-faire dans le cadre du partenariat qui nous lie”, indique Berkia.
    Jusqu’à maintenant, l’intervention des pouvoirs publics n’a pas permis de mettre fin à la dégradation continue de la Maâmora. En effet, la pression sociale constituant un facteur déterminant dans la déforestation, il est encore difficile en l’absence de mesures draconiennes et répressives d’arriver à stopper l’hémorragie. Bien qu’ils en soient conscients, les usagers de la forêt n’en continuent pas moins d’en être les premiers détracteurs. Première conséquence de cette dégradation, la détérioration de l’environnement. Ainsi, la Maâmora constitue une richesse floristique indéniable tout en étant un véritable poumon pour l’ensemble des agglomérations avoisinantes. La deuxième conséquence serait l’ensablement. La disparition du couvert végétal est à même d’entraîner d’importants phénomènes d’érosion liés à la nature sablonneuse des sols de la Maâmora.
    L’autre conséquence est économique. Le recul de cette forêt aura, à n’en point douter, de graves conséquences sur l’économie locale et régionale. Et enfin, il y a la conséquence liée à l’exode. Qualifiée de réserve fourragère génératrice d’emplois, la disparition de la Maâmora provoquera inéluctablement un exode rural important du moment où le milieu de vie sera inhospitalier.
    Toutes ces considérations font qu’aujourd’hui encore plus que par le passé, l’état de dégradation de la Maâmora inquiète.
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        Régénération

    Dès le début des années 20, le problème de régénération de la Maâmora s’est posé avec acuité. Bien que des tentatives localisées aient donné des résultats satisfaisants, il n’a pas été possible de les étendre à plus grande échelle compte tenu de nombreuses contraintes sociales.
   Des opérations de rajeunissement par cépage avaient été réalisées. Trois plans d’aménagement ont été mis en application. Commencés en 1951, ils dureront jusqu’en 2012. Depuis 1990, les travaux de régénération ont repris avec un rythme moyen de 1.000 hectares par an. Mais cela reste encore insuffisant. Furent alors entrepris des traitements sylvicoles. Dans le but d’améliorer l’état sanitaire des peuplements de chêne-liège, des coupes, des opérations de taille et d’élagage sont menées sur une superficie moyenne de 6.000 hectares par an.

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