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2 - Extinction d'espèces
Biodiversité. A Paris, des spécialistes ont appelé solennellement
les pouvoirs publics à agir.
De grands singes en si petit nombre...

Par Florence HEIMBURGER (14/12/2004), Libération
   
      Rien ne va plus pour les grands singes. Un nouveau recensement, annoncé jeudi dernier par le Fonds mondial de la nature (WWF), a révélé que la population de bonobos de République démocratique du Congo (RDC) serait de seulement 10 000 individus, cinq fois moins qu'on ne le pensait. En Afrique occidentale, les populations de chimpanzés ont diminué de 56 % entre 1983 et 2000. Les orangs-outans, autrefois présents dans une grande partie de l'Asie, ne subsistent plus qu'à Sumatra et Bornéo. D'après l'Atlas du monde des grands singes et leur conservation, il resterait seulement 400 000 grands singes dans le monde !
    Origines. La Cité des sciences et de l'industrie fait le point sur ces constats inquiétants dans son exposition «Les grands singes vont-ils disparaître?», présentée jeudi dernier. A cette occasion, les spécialistes des anthropoïdes ont une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme et appelé solennellement les pouvoirs publics à agir. «Je souhaiterais que la France monte une grande association ou fondation pour la protection des grands singes, a déclaré Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France. Alors que la plupart des grands singes vivent en Afrique francophone, la France ne se soucie pas d'eux.» Et, pourtant, les grands singes détiennent une partie de la réponse sur nos origines. «Mais cela ne fait que trente-cinq ans que nous les étudions. Le darwinisme, cela ne signifie pas la suprématie de l'homme.» Déforestation, braconnage, extraction minière et guerres déciment les orangs-outans, bonobos, chimpanzés et gorilles. En RDC, par exemple, l'extraction du coltan, un minerai utilisé pour les puces de téléphones portables, menace l'habitat des gorilles. A écouter les experts, les menaces sont légion. «Quand je suis arrivé en Côte-d'Ivoire il y a vingt-six ans pour étudier les chimpanzés, la forêt Taï était immense. Aujourd'hui, il n'en reste plus qu'une petite île», témoigne le primatologue Christophe Boesch. Président de la Wild Chimpanzee Foundation, il ne fait qu'appuyer la demande de Pascal Picq : «Je pense que la France a une responsabilité pour essayer de limiter la casse. On ne peut pas uniquement exploiter la Côte-d'Ivoire, il faut aussi rendre à ce pays
    Déclaration. Au niveau international, un projet de survie des grands singes, le Grasp (Great Apes Survival Project), a été lancé en mai 2001 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue). Les responsables de ce projet estiment qu'il faudrait rapidement investir 25 millions de dollars pour sauver les dernières bêtes, notamment en créant des zones protégées. Le Pnue et l'Unesco préparent une déclaration internationale qui devrait être signée en 2005 par différents Etats abritant les grands singes en liberté. Ces animaux devraient aussi figurer en bonne place lors du sommet sur la gestion durable des forêts du bassin du Congo qui se tiendra à Brazzaville en février.
    Mais les grands singes attendent tout autre chose. Que ces grands principes se traduisent enfin sur le terrain pendant qu'il en est encore temps.

"Appel pour la sauvegarde des grands singes
initié par Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France
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Si cette question vous intéresse particulièrement, vous pouvez en savoir plus en vous connectant à la page suivante du Site du GEOS puis sur "Déclaration sur les grands singes anthropoïdes"
(Texte fondateur du Great Ape Project)
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