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1 -Planète en péril

Les engrais à l'origine de "zones de la mort" dans les océans
JEJU (AFP), 29/03/2004

Des "zones de la mort" privées d'oxygène se multiplient au fond des océans et ces cimetières de poissons et de la flore menacent les ressources de centaines de millions de gens, a déclaré lundi le Programme de l'ONU pour l'environnement (PNUE).

Certains de ces zones sont relativement petites, moins parfois d'un Km2, mais d'autres atteignent les 70.000 Km2, selon un rapport de l'agence présenté à une conférence internationale de trois jours réunissants ministres et spécialistes de 155 pays sur l'ile de Jeju.

La pollution, en particulier l'usage excessif d'azote dans les engrais, est responsable de la multiplication de ces zones dont le nombre a doublé depuis 1990 à près de 150 dans le monde.

"A moins d'une réaction d'urgence pour traiter le problème à la source, il risque de s'agraver rapidement", a averti le directeur exécutif du PNUE, Klaus Toepfer.

"Des centaines de millions de gens dépendant de l'environnement marin pour leur nourriture, pour leurs revenus et pour leur culture", a-t-il dit.

Le poisson représente quelque 17% des protéines animales dans le monde mais les réserves de poisson sont menacées par des pêches excessives au cours des dernières décennies et par l'extension des zones où l'oxygène a disparu.

Le phénomène apparu au début des années 1960 est lié à l'usage excessif d'engrais dans l'agriculture, dont le principal ingrédient est l'azote.

L'azote favorise la croissance des végétaux sur terre mais lorsqu'il est répandu dans les mers par les rivières et sous l'effet des pluies, il provoque la floraison d'algues. Celles-ci se déposent au fond de la mer et se décomposent, y absorbant l'oxygène et étouffant la vie marine.

Les déchets de carburants fossiles et des centrales électriques augmentent aussi la quantité d'azote dans les océans.

La plupart des 160 millions de tonnes d'azote utilisées comme engrais chaque année finissent dans la mer.

La consommation de l'oxygène a pour résultat à terme de tuer les poissons, coquillages et autres formes de la vie marine.

Marion Cheatle, une spécialiste scientifique du PNUE, a ajouté que les zones de la mort servaient le plus souvent de zones de croissance des espèces marines.

"Si elles sont touchées, le renouvellement des réserves de poisson sera également affecté", a-t-elle dit.

Les grandes "zones de la mort" sont situées dans le Golfe du Mexique, la Baie de Chesapeake au large de la cote est des Etats-Unis, la Mer Noire et la Baltique, et certaines parties de l'Adriatique.

D'autres sont apparues au large de l'Amérique du Sud, du Japon, de la Chine, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Certaines sont permanentes, d'autres temporaires.

Le PNUE réclame que l'on mette fin au recours massif à l'azote. Cela a été fait en Europe par les pays riverains du Rhin qui ont réussi à réduire de 37% entre 1985 et 2000 la quantité d'azote en Mer du Nord.


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