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Famille des Felidae
Genre Felis

Le Chat des sables
(Felis margarita)


  Chat des sables sur la route d'Aoussard ©Michel AYMERICH
Jeune femelle de Chat des sables sur la route d'Aoussard ©Michel AYMERICH

 Noms usuels :  - Français : Chat des sables, Chat de Margueritte - Espagnol : Gato del desierto; Italien : Gatto selvatico delle sabbie; Anglais :  Sandcat - Allemand :- Arabe : Snour, Qat el khla. Sandkatze

 Description :

    Le Chat des sables ou Chat de Margueritte (Felis margarita), du nom du général qui l’a découvert sur la frontière algéro-lybienne, est un félin de petite taille parfaitement adapté à la survie dans le désert. Il est aux Félidés ce que le Fennec est aux Canidés. Alain Dragesco-Joffé pense qu’il est encore plus inféodé aux régions arides que ne l’est le Fennec. C’est un chat aux oreilles proéminentes et aux pattes courtes. Ses conduits auditifs sont plus grands que chez les autres félins, adaptation nécessaire qui l’aide à mieux détecter ses proies. Ses soles et ses paumes sont garnis d’une couche dense de poils touffus les protégeant contre la chaleur du sable. Quatre sous-espèces sont dénombrées: Felis margarita margarita, Sahara; Felis margarita harrisoni, Arabie; Felis margarita thinobia, Iran; Felis margarita scheffeli, Pakistan
.


Felis margarita ©Michel AYMERICH
Felis margarita ©Michel AYMERICH
Ce chat des sables préfère tenter de mieux se cacher sous un buisson que de déguerpir en courant.
Route d'Aoussard ©Photos Michel AYMERICH
Chat des sables ©Michel Aymerich
Chat des sables, camouflé dans un buisson, route d'Aoussard...©Michel AYMERICH

Biologie :

    Diurne en hiver, nocturne en été, solitaire, discret, jamais abondant, rare, l’observer est une vraie chance. Découvert, il s’enfuit se cacher dans son terrier creusé dans le sable sous un buisson ou encore sous une touffe de végétation où il restera immobile, se rendant souvent invisible. J’ai pu observer comment il s’aplatit et se déplace en rampant de touffe en touffe, épousant habilement les contours du terrain sur lequel il se meut, jusqu’à s’immobiliser sous un buisson quand il pense ne plus être vu. J’ai pu l’approcher jusqu’à soulever les touffes qui le dissimulaient et le photographier à moins d’un mètre. Et chose inattendue, j’ai pu le caresser! Il n’a alors pas miaulé, pas soufflé, pas feulé, pas grogné, pas montré les dents, pas manifesté le moindre signe de crainte, pas esquissé le moindre mouvement défensif. Il m’a observé, ainsi que les deux autres personnes présentes (Marjorie David et Franck Chevalier), puis le moment opportun choisi, il s’est éclipsé. Il semblait avoir compris que nous n'étions pas animés d'intentions nuisibles... Ce félin endurant, mais ne sautant pas très bien et rechignant à grimper dans un arbre, se déplace beaucoup à l'intérieur de son domaine vital.

Felis margarita ©Photo Franck CHEVALIER
Felis margarita, typiquement réfugié dans un buisson qui lui permet souvent de passer inaperçu
©Photo Franck CHEVALIER
Felis margarita ©Photo Franck CHEVALIER
Felis margarita ©Photo Franck CHEVALIER
Felis margarita. Après un temps d'arrêt où le chat évalue la situation, il décide de changer de refuge
pour aller se cacher dans un autre buisson
  ©Photo Franck CHEVALIER

    Son régime alimentaire est composé de rongeurs (gerbilles, gerboises, jeunes lièvres), d’oiseaux, de reptiles, d’Invertébrés. Il peut s’attaquer à un Varan du désert adulte (Varanus griseus), comme aux serpents, dont la Vipère à cornes (Cerastes cerastes). Alain Dragesco-Joffé l’a observé chassant une Vipère de l’Erg (Cerastes vipera), étourdie préalablement par « six ou sept tapes légères sur le dessus du crâne» adroitement assénées. Ensuite, il lui plaqua la tête au sol brusquement, prit sa nuque entre ses dents et la broya d’un coup sec. « Le félin, ajoute-t-il, entama sa proie immédiatement en commençant par la tête, qu’il avala entière. »

    Solitaire, il atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 10 ou 12 mois. La femelle met bas en mars-avril deux à quatre chatons. L'espérance de vie de l'espèce serait selon les auteurs de 8 à 13 ans en captivité...


Felis margarita ©Photo Franck CHEVALIER
Chat des sables ©Photo Franck CHEVALIER
Deux Chats des sables. Celui du haut a une petite blessure,
sans doute due à une bagarre avec un autre animal, peut-être un autre chat.
Piste de Bougoufa au sud d'Aoussard ©Photos Franck CHEVALIER

Répartition :

 
Son aire de répartition exacte est mal connue. On le connaît de certaines parties du Sahara (de la Mauritanie à L’Egypte) à Israël au Sinaï, à la Péninsule arabique, aux déserts de Kara Koum et Kyzyl Koum au Turkménistan, jusqu’au Baloutchistan iranien et pakistanais.

Biotope du Chat des sables ©Photo Michel AYMERICH
Biotope du Chat des sables ©Photo Michel AYMERICH
Biotope du Chat des sables dans l'Adrar Soutouf, au Sud-ouest d'Aoussard
©Photos Michel AYMERICH

Observations :

    J’ai trouvé (et photographié) un cadavre de ce chat dans l’Adrar Soutouf marocain, au Sud-Ouest d’Aoussert (2008), et l’ai observé vivant à plusieurs reprises avec Franck Chevalier.  Notamment sur la route menant à Aoussert en 2011, en compagnie de Marjorie David et Franck Chevalier, ce qui m'a permis de réaliser quelques photos...

D'autres observations et photos de trois autres chats (un mâle et deux femelles) ont été réalisées début mai 2013 en compagnie de Alex Sliwa, Grégory Breton et David Oudjani.

Franck Chevalier, de son côté, l’a également observé dans la région de Bir Anzaran, à l’Est de Dakhla (2005), ainsi que par deux fois sur la route d’Aoussard (2010), deux autres fois au Sud d’Aoussert (2011) et deux fois fin mars 2013. Lahoucine Faouzi l’a observé dans la région de Smara (2006).

Concernant le Maroc Oriental, il a été signalé à Figuig par Seurat L.G. (1943). Grimmberger E., et al publient une carte de répartition de Felis margarita englobant la région de Figuig (2009)*. Lors de mes prospections dans cette dernière région (2010), j’ai trouvé un chat écrasé, lequel était "probablement un chat des sables" (Grimmberger Eckard), avis confirmé par le spécialiste des félins Alexander Sliwa qui a employé les mêmes mots...

©Photo Michel AYMERICH
©Photo Michel AYMERICH
Chat écrasé à proximité de Figuig, lequel était probablement un Chat des sables.
La photo du bas représente celle de la patte avant droite.
©Photos Michel AYMERICH

Conservation
:


    Rare et menacée cette espèce mérite de rigoureuses mesures de protections, tant au Maroc d'où il semble avoir disparu de plusieurs régions, que dans l'ensemble de son aire de répartition.
 
Bibliographie :

AYMERICH Michel. A la découverte de la faune du Maroc oriental. Itinéraires d'un naturaliste. Editions La Croisée des Chemins, 2012.

AYMERICH Michel & TARRIER Michel. Un désert plein de vie. Carnets de voyages naturalistes au Maroc saharien. Editions La Croisée des Chemins, 2010.

CUZIN Fabrice. Les grands mammifères du Maroc méridional (Haut Atlas, Anti Atlas et Sahara): Distribution, écologie et conservation. Thèse de doctorat. Laboratoire de biogéographie et écologie des vertébrés, EPHE, Université Montpellier II, 2003.

DRAGESCO-JOFFE Alain. La vie sauvage au Sahara. Delachaux & Niestlé, 1993.

GRIMMBERGER  Eckard, et al., Atlas der Säugetiere Europas, Nordafrikas und Vorderasiens,  NTV Natur und Tier-Verlag, 2009.

HALTERNORTH Theodor & DILLER Helmut. Mammifères d'Afrique et de Madagascar, Delachaux & Niestle, 1997.

Par Michel AYMERICH


VIDEO: A la recherche du Chat des sables
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Plus ici sur  un site koweitien (en langue arabe)
Felis margarita
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VIDEO: Naissance exceptionnelle de chats des sables en Israël!
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