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Famille
des Varanidae
Genre Varanus Varan du désert (Varanus griseus)
Description : Le Varan du désert peut atteindre, bien que rarement, une taille maximale de 1.50m. La plupart des individus mesurent entre 70cm et un mètre. Déjà Hérodote avait fait allusion à l'existence d'un reptile de belle taille, un "crocodile terrestre", ce qu'il n'est assurément pas puisque appartenant à la famille des Varanidae et non des Crocodylidae*. Il possède un cou allongé, ce qui est une caractéristique de la famille des varans, et une longue queue robuste dont il peut se servir comme d'un fouet pour se défendre. La partie dorsale est d'une couleur sable ornée de larges rayures brunes transversales très contrastées chez les jeunes individus et qui tend quelque peu à s'estomper avec l'âge. ![]() Varan du désert juvénile, Tunisie © David Oudjani Biologie : Strictement diurne, il doit se chauffer préalablement au soleil afin d'atteindre la température corporelle optimale qui lui permettra de pouvoir partir en maraude à la recherche de ses proies. Carnivore, il peut parcourir des kilomètres pour trouver sa pitance constituée de lézards, de serpents (couleuvres et vipères), de petits mammifères, d'oiseaux, d'œufs, d'insectes et arachnides. Il chasse patiemment en inspectant les terriers et les touffes de végétation à l'aide de sa langue extensible et bifide qui lui sert à détecter les particules odorantes émises par ses proies, ainsi qu'à trouver ses partenaires sexuels. Comme chez les Ophidiens les molécules sont transmises à l'organe de Jakobson situé dans le plafond de la cavité buccale, puis analysées. Le Varan engloutit ses proies sans les mâcher, en dilatant assez largement son gosier, rappelant quelque peu là-aussi les serpents. Ses dents sont très pointues et acérées, ce qui lui sert à maintenir fermement ses proies. Au Sud du Sahara, le Varan du désert hiverne 3 mois et demi, alors qu'au Nord il hivernera 5 mois et demi. Il entre alors en hivernation dès la mi-octobre pour n'en ressortir que fin mars, voire début avril. 6 à 8 semaines après leur sortie d'hivernation, mâles et femelles partiront à la recherche d'un partenaire. Après accouplement, 4 à 5 semaines plus tard la femelle pond 5 à 12 œufs qu'elle enterrera. L'éclosion des jeunes a lieu en automne. Ils n'atteindront leur maturité sexuelle qu'entre 3 et 5 ans... ![]() ![]() Varan du désert, région d'Icht ©Michel Aymerich ![]() Varan du désert, région d'Icht ©Michel Aymerich Répartition : Le Varan du désert, comme son nom l'indique bien, vit dans les déserts et les steppes de l'ensemble du Sahara, en péninsule arabique et jusqu'en Asie du Sud-Ouest et au nord de l'Inde. Plus précisément il a été observé dans les domaines désertiques des Etats suivants : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Soudan, Israël, Jordanie, Syrie, Liban, Turquie, Irak, Koweït, Arabie Saoudite, Emirats arabes Unis, Oman, Turkménistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Afghanistan, Iran, Pakistan et Inde. Sa répartition est donc vaste. Cependant, il n'est jamais abondant là où il existe. Jadis présent dans la péninsule de Dakhla (cf. Günther, 1903 cité in Bons & Geniez, 1994) au Sahara atlantique, il a aujourd'hui totalement disparu, victime de persécutions. On le retrouve encore toutefois non loin de là sur la route menant à Aoussard, au nord de la Sebkha d'Imlili... ![]() Varan du désert à l'Est de Dakhla, en direction d'Aoussard, réfugié sous un acacia protecteur. ©Michel Aymerich ![]() ![]() Peau de Varan du désert exposée impunément sur la place Jemaa El Fna à Marrakech et Talisman constitué d'une tête de varan! ©Michel Aymerich Voir également l'article en anglais : Folklore, myth and exploitation of reptiles in Morocco and Tunisia). Le Varan du désert est une espèce protégée par Décret, elle est inscrite à l’annexe II de la Convention de Washington sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages (CITES). Au Maroc, étant donné qu'il a disparu de régions où il était présent et considérant sa grande rareté là où il en existe encore quelques petites populations, il est devenu impératif d'interdire toute destruction sous quelque forme que ce soit, de traduire sans "oui, mais..." dérogatoire cette interdiction dans les faits, d'entreprendre des mesures de réintroduction précédées d'élevage à cette fin, de mener des campagnes d'information sur son statut d'espèce en danger et à protéger. Il en va d'une espèce remarquable comme d'une espèce phare sans laquelle les écosystèmes sahariens deviennent des ensembles vidés de leur substance et à terme voués à périr en tant qu'écosystèmes pour ne devenir que des espaces lunaires... * Il est vrai qu'à l'époque on était encore très éloigné du tournant révolutionnaire qu'a opéré la classification classique basée sur l' analyse comparée des caractères morphologiques des espèces initiée par le botaniste suédois Carl von Linné (1707-1778). Par Michel AYMERICH
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