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Famille des
Accipitridés
Genre
Gypaetus

Le GYPAETE BARBU au Maroc
(Gypaetus barbatus barbatus)

Gypaète barbu par Henry E. Dresser
Source: http://www.oiseaux.net/oiseaux/accipitriformes/gypaete.barbu.html


 Noms usuels :  Français : Gypaète barbu - Anglais : Bearded vulture, Lammergier  - Allemand : Bartgeier - Arabe : Boulah, Qsir Al Idam – Tamachek et autres nominations locales : Tamadda, Afalkou, Boulahiya, Nisr.

Description :

    Sous-espèce marocaine G. b. barbatus.
    Oiseau de taille (100-115 cm) avec une envergure de 266 à 282 cm contre un poids moyen de 5.5 kg. Les ailes sont grandes mais étroites et pointues à l'extrémité, la queue longue et cunéiforme. Le Gypaète barbu se distingue des autres espèces de  vautours de la zone paléarctique par son aspect largement différent : sa tête est entièrement emplumée portant un masque noir, les digitations sont moins prononcées et possède une barbiche de plumes noires d'où son nom. Cette touffe de plume qui jurerait un rôle sensoriel naît à partir de la base du bec et descend telle une « langue » bien visible même quand il est en vol. Les iris des yeux sont jaunes entourés d'une auréole rouge qui s'élargit quand l'oiseau est excité.

  • L'adulte (7 ans et plus) : La silhouette en vol est svelte et élancée, ailes étroites et queue longue. La couleur de la tête varie du blanc à l'orange. Présence fréquente d'un collier fin à la poitrine plus ou  moins fermé et marqué. Les plumes du dos sont gris ardoisé ou d'aspect noir, le contraste de leur rachis  blanc est visible de près. Le dessous des ailes présente un contraste entre l'aspect noir des couvertures  et le gris des rémiges.

  • Juvénile (1 à 2 ans) : Présence fréquente d'un collier fin à la poitrine plus ou moins fermé et marqué. Les plumes  du dos sont gris ardoisé ou d'aspect noir, le contraste de leur rachis blanc est visible de près. Le dessous  des ailes présente un contraste entre l'aspect noir des couvertures et le gris des rémiges

  • Sub-adulte (3 à 5 ans) : Silhouette svelte et élancée comme celle de l'adulte, présentant souvent des mues bien visibles des rémiges primaires externes. Ailes étroites et pointues, queue longue. Les plumes de la face sont blanches et le haut de la tête s'éclaircit (les plumes noires disparaissent progressivement). On peut observer la tache auriculaire. Le cou noir est encore visible (reste des  plumes du "capuchon" de l'immature). La coloration marron du dos est homogène, les couvertures  peuvent être parsemées de plumes blanches.

 Biologie :

    Le Gypaète barbu affectionne les zones montagneuses de haute altitude (1500  à 4500 m). En hiver, il peut descendre dans les régions de basse altitude (500- 800 m). Jadis quand l'espèce était plus fréquente au Maroc, ce vautour a pu être observé dans les régions du plateau central et les élévations de la Meseta septentrionale. Il est généralement attiré par les escarpements, les gouffres et les vallées qui piègent des vents chauds lui permettant de faire des ascensions pour son envol et de parcourir de longue distance à la recherche de sa nourriture. En effet, ce rapace est un nécrophage qui se nourrit essentiellement des os de charognes (70-90%)  et curieusement l'oiseau peut saisir un os (tibia ou fémur) dans son bec et du haut du ciel il laisse glisser son butin qui se brise contre les rochers pour enfin extraire la précieuse moelle dont il est friand. Les os de petite taille sont généralement avalés, les enzymes produits par son puissant système digestif les digèrent facilement! Toutefois, il se révèle un bon chasseur quand il est nécessaire (Lapin, lièvre et galliformes).
    Le Gypaète aménage son nid, tapissé de laine, poils et plumes, dans des cavités rocheuses généralement inaccessibles. La nidification commence en début du mois de janvier, la femelle couve 2 œufs pendant 55 à 60  jours. Cependant, seul un jeune survivra jusqu'à l'âge de l'envol (Juin-Juillet).
    Le territoire d'un couple donnée peut couvrir jusqu'à 400 Km² (dans les Pyrénées par exemple) alors que ce domine vital peut se révéler plus important dans les chaînes montagneuses de l'Atlas en Afrique du Nord.


 Répartition : (Figure 1) :

    Le Gypaète possède une large répartition dans le monde depuis les Pyrénées occidentales jusqu'en Himalaya en passant par l'Afrique du Sud et de l'Est. En Afrique du Nord, l'espèce n'est présente encore qu'au Maroc dans les montagnes de l'Atlas après sa disparition récente de l'Algérie (ISNEMAN et MOALI, 2000) et de la Tunisie (ISENMAN et al, 2005). Au Maroc, le nombre total des couples serait inférieur à 10, cantonnés encore dans les régions les plus reculées du Haut Atlas en particulier le Parc National de Toubkal (Photo 1), les Massifs de M’Goun et l'Anti-Atlas (CHERKAOUI, 2005). Il est probable que la population marocaine soit plus importante faute de manque de prospections (CHERKAOUI et al, 2006) dans certaines régions des massifs de l'Est du Pays, mais chose est sûre, l'espèce est sérieusement en danger.


Carte de répartition du Gypaète barbu
Figure 1 : Carte de répartition du Gypaète Barbu Gypaetus barbatus
selon les dernières observation de l'espèces dans les Massifs de l'Atlas (Morocco)




 Conservation :

    Selon THEVEOT et al (2003), au Maroc, le Gypaète barbu est au seuil d'extinction. L’utilisation des appâts empoisonnés utilisés par des populations autochtones pour l’éradication des renards et des chacals serait l’une des causes principales de son déclin. Comme tout les Rapaces, le Gypaète barbu est protégé par un arrêté permanent de chasse. Cependant, le manque de sensibilisation au sein des riverains vivant dans les régions potentielles de l'existence de ce rapace (Jbel Siroua, Parc National de Toubkal, M'goun et Parc du Haut Atlas oriental)  ainsi que le manque des informations récentes sur la dynamique et l'écologie de/ou des populations marocaines constituent un véritable handicap pour sa conservation.

 Observations :

    le Gypaète barbu a été redécouvert dans les Massifs de Jbel Ayachi à environ 2000 m d’altitude(Photo 2) par une équipe d’ornithologues marocains.
Massifs de M’Goun et l'Anti-Atlas et Massifs de Jbel Ayachi à environ 2000 m d’altitude (Photo 2)

    Bibliographie :

    CHERKAOUI  (I), ESSABBANI (A) et RGUIBI (HI) 2006. Observation d'un Gypaète barbu juvénile Gypaetus             barbatus  dans le massif du Jbel Ayachi (Haut-Atlas Oriental, Maroc). Go-South Bull. 3 : 4-5.
    CHERKAOUI (I) 2005. The Bearded Vulture in Morocco. Vulture News. The Journal of Vulture Study Group. No 52         March 2005 (36).
    ISNEMAN (P) & MOALI (A) 2000. Oiseaux d’Algérie : Birds of Algeria. SEOF-MNHN, 336 pages.
    ISNEMAN (P), GAULTIER, EL HILI (A), AZAFZAF (H), DLENSI (H), SMART (M) 2005. Oiseaux de Tunisie.     Bird  of Tunisia. éd. Société d'études ornithologiques de France, juillet 2005, 432 pages
    THEVENOT (M), VERNON (R ) & BERGIER (P) 2003.- The birds of Morocco. British Ornithologist's Unio (BOU)     594 pp.

    Par Imad CHERKAOUI et Essabbani Asmae

   
- Pour plus d'informations sur son observation dans les
Massifs de Jbel Ayachi, cliquez-ici!


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