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Famille des Colubridae
Genre
Malpolon

Couleuvre de Montpellier occidentale
(Malpolon monspessulanus
monspessulanus)

Couleuvre de Montpellier mâle
Couleuvre de Montpellier,  mâle. Environs de Montpellier, Hérault, France
 ©Michel Aymerich
Couleuvre de Montpellier femelle
Couleuvre de Montpellier, femelle. Environs de Fort Bou-Jérif (Ouest de Guelmin), Maroc. Août 2002. ©Michel Aymerich
Malpolon monspessulanus juvénile Malpolon monspessulanus mâle
Couleuvre de Montpellier,  juvénile. Environs de Montpellier,  Hérault, France
©Michel Aymerich
Couleuvre de Montpellier,  mâle  Environs de Fort Bou-Jérif (Ouest de Guelmin), Maroc  ©Michel Aymerich
Malpolon monspessulanus mâle, Tantan
Portrait de malpolon monspessulanus mâle, Tantan
Couleuvre de Montpellier,  mâle  des environs de l'oued Draa (Nord de Tantan) , Maroc 
©Michel Aymerich
Couleuvre de Montpellier,  mâle  des environs de l'oued Draa (Nord de Tantan), Maroc  ©Michel Aymerich


Noms usuels :  Français : Couleuvre de Montpellier - Anglais : Montpellier Snake - Allemand : Europaïsche Eidechsennatter - Arabe : Hanech aswad, Egypte.

 Description :  Ce très beau serpent présente un dimorphisme sexuel important : les femelles toujours plus petites sont de couleur marron clair, avec des taches noirâtres et blanchâtres, alors que les mâles sont d'un vert olive clair ou foncé avec une rangée latérale d'écailles noires et bleutées. Dans les régions sahariennes, la selle noire caractéristique des mâles, présente en arrière de leur cou, s'étend sur la presque totalité du corps. Les mâles de ce grand serpent à fière allure dépassent parfois les 2 m (au Maroc, elle atteint exceptionnellement 2,17m). 
 
  Biologie : Très rapide, elle chasse généralement à vue et se nourrit d'autres serpents, de lézards, d'oiseaux, de petits mammifères qui peuvent être de la taille de lapereaux chez les grands individus. Opistoglyphe, c'est à dire possédant des crochets à venin situés à l'arrière de la mâchoire supérieure, elle peut tuer ses proies en  les maintenant  fermement dans sa gueule pendant quelques minutes. Cependant, du fait même de la position de ses crochets qu'il ne peut par ailleurs redresser, ce serpent est  inoffensif pour l'homme et les gros animaux (tels les chiens, par ex.) comme en témoignent les quantités de morsures comptabilisées par l'auteur à l'occasion de nombreuses manipulations. Une seule, particulièrement prolongée (le serpent avait avalé le doigt), avait provoqué une envenimation qui n’avait produit qu’un léger gonflement de la partie mordue, phénomène qui disparut au bout d’une ou deux heures. L'accouplement a lieu vers avril et mai et la ponte de quatre à dix-huit oeufs ovales fin juin,  juillet ou août.  L'éclosion se produit vers août, septembre et octobre. Les couleuvreaux mesureront alors environ 25 à 35 cm. L'espérance de vie des mâles comme des femelles peut dépasser 20 ans.  Le mâle jeûne pendant les mois de mai et de juin et défend, escorte et assiste la femelle pendant la chasse. Le couple formé est fidèle, mais peut accueillir un ou plusieurs mâles vassaux ou encore dominer d'autres couples.

 Répartition : Contrairement à sa derivatio nominis, la Couleuvre de Montpellier occidentale, Malpolon monspessulanus
monspessulanus, est répandue bien au-delà de la ville qui lui a donné son nom. Elle est présente du côté ouest de l'Afrique du Nord jusqu'à Gênes en passant par la Péninsule ibérique et le sud de la France. Elle parvient même sous la forme de la sous-espèce Malpolon monspessulanus saharatlanticus à pénétrer l'étage saharien en profondeur. Au Maroc, elle descend jusqu'à Dakhla.

La Couleuvre de Montpellier orientale, Malpolon insignitus (ancienne sous-espèce élevée au rang d'espèce...) se trouve sur les Hauts-Plateaux marocains jusqu'en Iran, le delta de la Volga et le nord-ouest de la Croatie. Apparemment, aucune des deux espèces n'est parvenue à s'établir dans la Péninsule italienne.

 Conservation:
Elle court la malchance d’être, outre la victime des préjugés qui sévissent à l'égard des serpents qui sont systématiquement massacrés au Maroc, un des objets de convoitise préférés des montreurs de serpents (voir Folklore, myth and exploitation of reptiles in Morocco and Tunisia). Ceux-ci s’approvisionnent auprès des chasseurs spécialisés que sont les Aïssaoua et autres trafiquants qui vont jusqu’à entasser une soixantaine d’exemplaires dans une pièce où les plus grands spécimens n’ont plus comme recours pour survivre temporairement que le cannibalisme au détriment de leurs congénères plus petits. Une fois sur ce haut lieu du tourisme qu’est la place Jemaa-El-Fna de Marrakech, nous remarquâmes qu’une Couleuvre de Montpellier, laquelle avait été passée sans ménagement autour du cou d’une touriste italienne, vivait ses dernières heures. Surmontant notre indignation face à tant d'inconscience et motivé par notre désir de lui expliquer que l’animal avec lequel elle s’était faite grandiosement photographiée était moribond, nous allâmes voir la touriste. Dans l'espoir de l’aider à comprendre qu’il ne fallait pas encourager ce genre de pratiques aussi antiécologiques que cruelles. Elle nous rétorqua avec ce qui ne peut être qualifié autrement que d'incommensurable stupidité : « Mais c’est la vie ! »  Heureusement, bien des personnes informées réagissent plus intelligemment...
    Cette espèce, à l'égal des autres espèces de serpents du Maroc, devrait bénéficier d'aussi urgentes que rigoureuses mesures de protection.
 


Par Michel AYMERICH


Appel au boycott des spectacles de serpents et autres pratiques basées sur la maltraitance animale et l'exploitation de la biodiversité au Maroc
L'APPEL DE MARRAKECH
(adopté à l'issue du Premier Congrès Méditteranéen d'Herpétologie)
Autre article sur la Couleuvre de Montpellier occidentale avec diaporamas...
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