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Famille
des Colubridae
Genre Malpolon Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus)
Environs d'Aouïnet-Torkoz. Août
2002. ©Michel Aymerich
Noms usuels : Français : Couleuvre de Montpellier - Anglais : Montpellier Snake - Allemand : Europaïsche Eidechsennatter - Arabe : Hanech aswad, Egypte. Description : Ce très beau serpent présente un dimorphisme sexuel important : les femelles toujours plus petites sont de couleur marron clair, avec des taches noirâtres et blanchâtres, alors que les mâles sont d'un vert olive clair ou foncé avec une rangée latérale d'écailles noires et bleutées. Dans les régions sahariennes, la selle noire caractéristique des mâles, présente en arrière de leur cou, s'étend sur la presque totalité du corps. Les mâles de ce grand serpent à fière allure dépassent parfois les 2 m (au Maroc, elle atteint exceptionnellement 2,17m). Biologie : Très rapide, elle chasse généralement à vue et se nourrit d'autres serpents, de lézards, d'oiseaux, de petits mammifères qui peuvent être de la taille de lapereaux chez les grands individus. Opistoglyphe, c'est à dire possédant des crochets à venin situés à l'arrière de la mâchoire supérieure, elle peut tuer ses proies en les maintenant fermement dans sa gueule pendant quelques minutes. Cependant, du fait même de la position de ses crochets qu'il ne peut par ailleurs redresser, ce serpent est inoffensif pour l'homme et les gros animaux (tels les chiens, par ex.) comme en témoignent les quantités de morsures comptabilisées par l'auteur à l'occasion de nombreuses manipulations. Une seule, particulièrement prolongée (le serpent avait avalé le doigt), avait provoqué une envenimation qui n’avait produit qu’un léger gonflement de la partie mordue, phénomène qui disparut au bout d’une ou deux heures. L'accouplement a lieu vers avril et mai et la ponte de quatre à dix-huit oeufs ovales fin juin, juillet ou août. L'éclosion se produit vers août, septembre et octobre. Les couleuvreaux mesureront alors environ 22 à 33 cm. L'espérance de vie des mâles comme des femelles varie entre 5 et 20 ans. Le mâle jeûne pendant les mois de mai et de juin et défend, escorte et assiste la femelle pendant la chasse. Le couple formé est fidèle, mais peut accueillir un ou plusieurs mâles vassaux ou encore dominer d'autres couples. Répartition : Contrairement à son derivatio nominis, la Couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus) est répandue bien au-delà de la ville qui lui a donné son nom. On la trouve dans la plus grande partie du Maroc, jusqu'à Dakhla. C'est un serpent qu'on retrouve sur presque tout le pourtour de la méditerranée, de l'Afrique du Nord à la péninsule Ibérique en passant par le sud de la France et ce jusqu'en Iran, exceptée dans la péninsule italienne. Conservation: Elle court la malchance d’être, outre la victime des préjugés qui sévissent à l'égard des serpents qui sont systématiquement massacrés au Maroc, un des objets de convoitise préférés des montreurs de serpents (voir Folklore, myth and exploitation of reptiles in Morocco and Tunisia). Ceux-ci s’approvisionnent auprès des chasseurs spécialisés que sont les Aïssaoua et autres trafiquants qui vont jusqu’à entasser une soixantaine d’exemplaires dans une pièce où les plus grands spécimens n’ont plus comme recours pour survivre temporairement que le cannibalisme au détriment de leurs congénères plus petits. Une fois sur ce haut lieu du tourisme qu’est la place Jemaa-El-Fna de Marrakech, nous remarquâmes qu’une Couleuvre de Montpellier, laquelle avait été passée sans ménagement autour du cou d’une touriste italienne, vivait ses dernières heures. Surmontant notre indignation face à tant d'inconscience et motivé par notre désir de lui expliquer que l’animal avec lequel elle s’était faite grandiosement photographiée était moribond, nous allâmes voir la touriste. Dans l'espoir de l’aider à comprendre qu’il ne fallait pas encourager ce genre de pratiques aussi antiécologiques que cruelles. Elle nous rétorqua avec ce qui ne peut être qualifié autrement que d'incommensurable stupidité : « Mais c’est la vie ! » Heureusement, bien des personnes informées réagissent plus intelligemment... Cette espèce, à l'égal des autres espèces de serpents du Maroc, devrait bénéficier d'aussi urgentes que rigoureuses mesures de protection. Sur le Site Internet du GEOS, association partenaire du GERES, un appel en faveur de l'adoption de mesures effectives de protection de ce serpent, adressé aux autorités françaises, peut être signé : Voir L'Appel. Observations au Maroc : Août 2002. Environs de Fort Bou-Jérif : une femelle adulte (M.A. & E.A.) Mai 2005. Environs de Fort Bou-Jérif : une grande femelle capturée par un Aïssaoui (M.A.) Août 2006. Oued Draa, Nord de Tantan : trois exemplaires, une femelle et deux grand mâles (1, 70m et + 1,80m) capturés par Aïssaoui. Les deux grands mâles ont été rachetés afin d'être remis en liberté... Voir ci-dessous la "Charte du respect des espèces et des écosystèmes"... Par Michel AYMERICH
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