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Famille des Viperidae
Genre Bitis

Vipère heurtante
(Bitis arietans)

Vipère heurtante en position de défense
Vipère heurtante en position de défense. Environs de Fort Bou-Jérif.  ©Michel Aymerich

 Noms usuels :  Français : Vipère heurtante - Anglais : Puff adder - Allemand : Puff Otter - Arabe : ?; Tamachek : Kassa.

 Description :  La Vipère heurtante peut atteindre 1,50 m de long pour un poids de 7,5 kg, une taille record de 1,95m ayant même été rapportée. Au Maroc, elle dépasse toutefois rarement 1,20m. La raison principale étant à notre avis qu’un grand exemplaire se fait particulièrement remarquer par les nombreux bergers et autres marcheurs qui sillonnent le pays, lesquels s’empressent soit de le tuer - ce qui est chose aisée étant donné la placidité et la lenteur de ce serpent - soit le signalent aux Aïssaoua qui n’auront aucune difficulté à retrouver la vipère. 
 
  Biologie :
C'est une espèce au venin abondant inoculé par de longs crochets, provoquant une nécrose au niveau de la  morsure. La Vipère heurtante est un animal lent et relativement placide, bien que pouvant se détendre et frapper de manière très rapide lorsqu'elle se sent menacée. Elle gonfle alors son corps et peut souffler fortement pour intimider son adversaire.
    Elle se nourrit principalement de petits mammifères (rongeurs), mais ne dédaigne pas lézards, crapauds et criquets. Ovovivipare, cette vipère peut mettre au monde des portées allant jusqu'à  72 vipéreaux, mesurant 130 à 200 mm, et dont peu d'entre-eux  atteindront l'âge adulte.

Vipère heurtante tuant un Agama impalearis
Vipère adulte tuant un agame.  ©Michel Aymerich


Vipéreau, Bitis arietans
Vipéreau âgé d'environ 2 mois.  ©Michel Aymerich


  Répartition : Plus encore que le Cobra d'Afrique du Nord, Naja haje legionis, la Vipère heurtante est une relique tropicale et n’existe au Maroc que dans une partie limitée du pays, le long d’une bande allant de Taliouine en passant par Fort Bou-Jerif (ouest de Guelmin), Tarfaya, Laâyoune, Lemsid, jusqu’à Boudjour. On peut supposer qu’elle se retrouve plus au sud encore dans les environs de Dakhla, mais sa présence n’y a pas été démontrée. Sa répartition sur le continent africain est très vaste, puisqu’on retrouve l’espèce jusqu’en Afrique du Sud.

  Conservation :
Aux côtés du cobra, elle est le serpent qui a le triste privilège d'être le plus exhibé sur la place Jemaa-el-Fna à Marrakech. Précisons que tous les serpents (couleuvres, vipères, cobras) exhibés sur cette place et sur les autres lieux touristiques meurent au bout de deux à trois mois des conséquences du stress ou/et des crochets arrachés. La vipère heurtante mérite d’urgence des mesures volontaristes de protection. Ce joyau de la faune reptilienne du Maroc, notamment de ses provinces sahariennes, ne doit pas un jour connaître le sort contre lequel Ali Ben Bongo, le Ministre de la Défense du Gabon, avait mis en garde à l’occasion d’une anecdote personnelle relatée à un journaliste et rapportée dans la revue National Geographic. Un jour alors qu’il visitait le zoo de San Diego aux Etats-Unis, il avait pu découvrir une Vipère du Gabon, Bitis gabonica, un serpent assez proche de la Vipère heurtante. Fasciné par l’animal et fier d’apprendre qu’il était originaire de son pays, il avait cependant éprouvé un certain malaise devant ce face-à-face en terre étrangère : il lui avait fallu venir en Californie pour découvrir ce formidable serpent, joyau de la faune gabonaise !  Nous ne pouvons souhaiter aux Marocains  (comme aux visiteurs de ce pays) de connaître une situation telle qu’il leur faudra se rendre en Europe ou aux Etats-Unis pour contempler en vivariums des espèces chez eux éteintes. Pourtant, c’est hélas ce qui est exactement en train de se passer concernant les Bitis marocaines, joyaux de la faune sauvage de ce pays. On en constate couramment la présence chez des terrariophiles, alors qu’elles deviennent de plus en plus difficiles à observer sur le terrain. Gageons que dans un futur proche la possibilité de les observer en liberté pourrait faire partie d’un « tourisme » naturaliste ou écologique digne de ce nom et méritant alors véritablement d'être orné du concept qualifié de durable. 

Vipère heurtante morte "mangeant" un oeuf!
Mise en scène macabre sur la place
Jemaa-el-Fna à Marrakech :
Vipère heurtante morte d'épuisement à qui on a placé un oeuf dans la gueule afin de faire croire aux badauds qu'elle le mange!
Les autres serpents, en sursis, mourront tous également inévitablement...

 ©Photo Jean Delacre

 Observations :
- Août 2001. Environs de Fort Bou-Jérif : trois exemplaires capturés par un Aïssaoui, dont celui représenté en photo (M.A. & E.A.)
- Mai 2005. Environs de Fort Bou-Jérif : deux exemplaires adultes (mâle et femelle), capturés par Aïssaoui (M.A.).
- Octobre 2006. Environs de Fort Bou-Jérif : six exemplaires adultes (mâles et femelles), capturés par Aïssaoui, ainsi que trois exemplaires, dont un juvénile, observés par moi-même (M.A.).

 Par Michel AYMERICH
Reportages sur l'exploitation et la maltraitance des serpents,
singes magots et autres animaux à Marrakech
Appel au boycott des spectacles de serpents et autres pratiques basées sur la maltraitance animale et l'exploitation de la biodiversité au Maroc
L'APPEL DE MARRAKECH
(adopté à l'issue du Premier Congrès Méditteranéen d'Herpétologie)
"Charte du respect
des espèces et des écosystèmes"

proposée par l'association partenaire GEOS...



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